Au Canada, plus de 3,3 millions de personnes souffrent d’incontinence urinaire, c’est-à-dire une perte involontaire d’urine ou une difficulté à retenir la vessie. Elle peut survenir à l’effort, lors d’un besoin urgent difficile à contrôler, ou en combinant ces deux formes. Chez certains hommes, elle apparaît après une chirurgie de la prostate. Ce problème peut affecter réellement la vie sociale, la confiance en soi et le budget. Au Québec et au Canada, les options de traitement pour les hommes et les femmes incluent des médicaments, des injections, des bandelettes et un sphincter artificiel. Quel est le rôle de ces approches et dans quels cas elles sont recommandées ?
Le diagnostic débute par une évaluation complète des antécédents médicaux, chirurgicaux et médicamenteux, ainsi que des comorbidités telles que le diabète, les troubles neurologiques ou les interventions pelviennes antérieures.
Un journal mictionnel est demandé pour enregistrer la fréquence, les volumes et les épisodes de fuite. L’examen physique est adapté selon le sexe et peut inclure des tests spécifiques.

Chez la femme, l’évaluation comprend :
Chez l’homme, l’examen cible la prostate par toucher rectal et la fonction du plancher pelvien, avec recours aux examens urodynamiques si nécessaire, notamment après une chirurgie de la prostate.
Le bilan peut inclure :
Les traitements conservateurs combinent des mesures relatives aux habitudes de vie, la limitation des irritants, la gestion du poids, l’arrêt du tabac éventuellement et une rééducation du plancher pelvien pour optimiser la fonction musculaire.
Plusieurs classes de médicaments traitent l’incontinence urinaire.
Chez la femme, les œstrogènes locaux peuvent compléter le traitement, seuls ou en association avec un anticholinergique ou un agoniste β3.
Chez l’homme, les alpha-bloquants comme tamsulosine, alfuzosine et silodosine ou inhibiteurs de la 5-alpha-réductase comme finastéride et dutastéride peuvent être prescrits, seuls ou en association pour les symptômes mixtes.
Ces traitements visent à réduire les fuites et améliorer la qualité de vie.
Les médicaments soulagent surtout les symptômes d’urgence et l’hyperactivité vésicale, mais leur action reste plus limitée en cas d’incontinence à l’effort isolée.
Ils sont susceptibles de provoquer des effets secondaires tels que la bouche sèche, une constipation ou des troubles cognitifs, surtout chez les personnes âgées. Le coût, l’adhérence au traitement et la surveillance des réactions indésirables sont des éléments à prendre en compte.
Les traitements permettent de réduire les fuites urinaires, d’améliorer le confort quotidien et la qualité de vie, tout en demeurant une option non invasive avant d’envisager des interventions plus complexes.
Les médicaments interviennent lorsque la chirurgie n’est ni souhaitée ni nécessaire. Leur prescription dépend de l’état général du patient et de la tolérance aux traitements. Certaines conditions contre-indiquent leur usage, telles que le glaucome, l’obstruction urinaire ou des sensibilités spécifiques aux molécules. Chez les personnes âgées, la prudence est de mise en raison d’un risque accru d’effets secondaires, notamment des effets cognitifs et digestifs. La décision doit être personnalisée et évaluée par un professionnel de santé, qui surveille la réponse au traitement et ajuste la stratégie en fonction de l’évolution des symptômes.
La toxine botulique onabotulinumtoxinA est injectée directement dans le muscle de la vessie afin de diminuer les contractions involontaires responsables des urgences mictionnelles. L’objectif est de réduire les envies pressantes et les fuites associées. Cette approche est recommandée chez les patients souffrant d’hyperactivité vésicale persistante malgré les médicaments, ou lorsque ceux-ci entraînent trop d’effets secondaires.

Les résultats sont souvent très positifs, avec une nette amélioration des symptômes et de la qualité de vie. L’effet reste toutefois temporaire, ce qui impose de renouveler les injections en moyenne tous les 6 à 12 mois. Une surveillance médicale s’impose, puisque des infections urinaires ou une rétention urinaire peuvent survenir.
Au Canada, les injections sont réalisées dans des cliniques urologiques spécialisées. Leur accès peut varier selon les régimes d’assurance et les politiques provinciales, ce qui peut influer sur la prise en charge.
Un agent de comblement — collagène, hydrogels ou agents plus durables — est injecté autour de l’urètre pour améliorer la coaptation de la muqueuse et augmenter la résistance de sortie. Les produits utilisés sont choisis en fonction des indications et de la disponibilité.
Cette approche est particulièrement adaptée aux patients présentant une incontinence urinaire à l’effort légère à modérée ou à ceux qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas subir une chirurgie. Les injections sont moins invasives et associées à une morbidité plus faible que les interventions chirurgicales.
Leur efficacité est appréciable, mais les résultats peuvent être transitoires, ce qui nécessite des répétitions périodiques pour maintenir le bénéfice.
Le choix de ce traitement dépend de plusieurs critères : la sévérité de la fuite, les préférences du patient, les comorbidités chirurgicales et les attentes en termes de résultat, qu’il s’agisse d’une simple amélioration ou d’une correction plus complète. Une évaluation du rapport bénéfice-risque est essentielle avant d’y procéder.
Les bandelettes sous-urétrales, ou mid-urethral slings (MUS), sont des dispositifs implantés pour soutenir l’urètre et traiter l’incontinence à l’effort chez la femme. Elles peuvent être trans-vaginales (TVT), rétropubiennes, autologues avec fascia ou synthétiques selon le choix du chirurgien et la disponibilité.
Ces interventions présentent un très bon taux de succès pour la SUI féminine, avec une amélioration ou une guérison élevée à moyen et long terme. Les MUS sont souvent comparées à la colposuspension ou aux slings autologues afin de déterminer l’approche la plus adaptée à chaque patiente.
Les complications incluent des douleurs abdominales ou à la gorge, l’exposition ou l’extrusion du matériel, la dysurie, le besoin de réintervention et les effets à long terme liés aux matériaux synthétiques.
Le choix dépend de la sévérité de l’incontinence, de la mobilité urétrale, de l’anatomie, des chirurgies antérieures, des attentes du patient et du risque de complications. La réglementation provinciale et les recommandations canadiennes encadrent l’usage des dispositifs, notamment les meshes.
Ce dispositif est implanté autour de l’urètre ou du col vésical chez la femme. Il utilise un manchon gonflable, contrôlé manuellement, pour ouvrir ou fermer le flux urinaire. Il est indiqué principalement en cas d’insuffisance sphinctérienne sévère, souvent après une chirurgie de la prostate ou un traumatisme pelvien.
Chez l’homme, il constitue le traitement de référence pour l’incontinence post-prostatectomie ou pour une incontinence à l’effort sévère lorsque les autres options échouent.
Chez la femme, son usage est rare, réservé aux incontinences sévères d’origine sphinctérienne après l’échec des interventions classiques, telles que les bandelettes.
Le dispositif offre un excellent contrôle des fuites, un taux de satisfaction élevé et une durabilité à long terme chez les patients bien sélectionnés.
Les risques et inconvénients incluent le caractère invasif de la chirurgie, le risque d’infection, d’érosion urétrale ou de dysfonctionnement mécanique, ainsi que la nécessité, pour le patient, d’avoir une bonne dextérité manuelle et de bénéficier d’un suivi spécialisé.
Pour choisir la meilleure stratégie, il est utile de comparer les différentes options en fonction de leur invasivité, de leur efficacité, de leur durabilité et de leurs risques.
| Approche | Invasivité | Efficacité / Durabilité | Homme | Femme | Limites / Risques |
|---|---|---|---|---|---|
| Médicaments | Faible | Modérée, surtout urgence/mixte | Urgence ou mixte | Urgence ou mixte | Effets secondaires, efficacité limitée |
| Injections vésicales | Mini-invasive | Bonne à moyen terme, renouvelable | Urgence résistante aux médicaments | Urgence résistante aux médicaments | Bénéfice temporaire, risque rétention/infection |
| Agents de comblement | Mini-invasive | Transitoire | SUI légère à modérée | SUI légère à modérée | Résultats souvent temporaires, répétition nécessaire |
| Bandelettes / slings | Chirurgie modérée | Très efficace pour SUI féminine | Rarement utilisé | SUI modérée à sévère | Douleurs, extrusion mesh, réintervention possible |
| Sphincter artificiel | Chirurgie invasive | Excellente pour SUI sévère | SUI sévère post-prostatectomie | SUI sévère sphinctérienne après échec bandelettes | Suivi spécialisé, dexterité manuelle, risque mécanique/infection |
Pour guider la prise en charge, un algorithme progressif est recommandé, en commençant par les options les moins invasives et en avançant vers les interventions chirurgicales selon la sévérité de l’incontinence et la réponse au traitement :
Les solutions contre l’incontinence urinaire vont des traitements médicamenteux aux interventions chirurgicales plus complexes. Aucun traitement ne convient à tous. Le type de fuite, sa gravité, l’âge, les comorbidités et les attentes du patient orientent le choix. Au Canada, l’accès aux soins et la couverture provinciale varient. Nos équipes spécialisées à Montréal, Laval, Joliette, Rive-Sud et Québec vous accompagnent pour mettre en place un traitement personnalisé et adapté à votre situation, avec un suivi complet. Prenez rendez-vous.